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Releases information

Release date: January 4, 2018

Format: Digital, CD, Vinyl

Label: Purple Pyramid

From: Allemagne / Germany

7,9

Serge Marcoux - March 2018

TRANSLATED REVIEW (GOOGLE TRANSLATE) BELOW FRENCH TEXT !

CHRONIQUE / REVIEW

CD

 

Nous avons tous nos zones de confort. C’est vrai en musique comme cela peut l’être dans d’autres aspects de notre vie. D’emblée, nous pouvons dire que l’amateur de musique progressive évolue, en règle générale, dans une zone plus vaste que celle offerte par l’univers musical commercialisé par l’industrie et ses bonzes du marketing. Malgré cela, nous avons nos préférences, nos propres repères à l’intérieur d’un genre qui est lui-même subdivisé en une multitude de sous-genres. Souvent, nous hésitons à sortir de notre zone de confort, de nos pantoufles. En revanche, je crois qu’il faut savoir enfiler ses bottes de marche et aller explorer les sentiers moins battus de la musique qui nous anime. C’est ce que j’ai fait avec cet album de DAMO SUZULI & JELLY PLANET.

M. SUZUKI est le légendaire chanteur japonais du groupe allemand CAN. De 1970 à 1973, son chant si particulier, j’y reviens, a marqué le groupe et l’univers krautrock. Des titres comme «Tago mago», «Ege bamyasi» et »Future days» portent son empreinte indélébile et sont, des classiques de ce sous-genre. Il faut aussi savoir que le renom et l’influence de CAN ne furent pas immédiats. Le temps a fait son œuvre et aujourd’hui, ils sont plus connus et reconnus que naguère. Ce qui caractérise le chant de M. SUZUKI, c’est qu’il est d’une part, totalement improvisé, et d’autre part, il n’utilise aucun mot, donc, finalement, il n’y a pas de signification. Pourtant, on croit reconnaître des mots et il est difficile de croire qu’il n’y a eu aucune pratique préalable. Ajoutons qu’il s’est retiré depuis longtemps des studios d’enregistrements et s’est consacré aux prestations improvisées en concert. C’est pourquoi l’album DAMO SUZUKI & JELLY PLANET est un événement spécial pour les amateurs de krautrock, voire même de musique progressive tout simplement. C’est après une performance sur scène que le groupe a réussi à convaincre DAMO SUZUKI de retourner en studio. Mais attention, il est resté fidèle à son improvisation et tout a été enregistré en direct.

Qui sont donc ces musiciens qui ont réussi à convaincre le presque septuagénaire chanteur d’enregistrer un disque après plus de quarante ans? JELLY PLANET existe depuis 1997 et est constitué de l’habituel quatuor, guitare, basse, batterie et claviers, soit ALEXANDER SCHONERT, FELIX A. GUTIERREZ, JENS KUCHENTHAL et STEPHEN HENDRICKS. Deux albums ont marqué leur parcours, soit «Food» en 2003 et «Yellow sunshine explosion» en 2005. Parmi les influences avouées du groupe, il y a, comme par hasard, celle de CAN!

Le résultat de cette séance d’enregistrement ce sont deux longues pièces qui sillonnent les chemins du kraurtock et du space rock. La première pièce, «Wildschweinbraten», débute sur les traces de CAN. La batterie est métronomique et la pulsion de la basse est irrésistible. D’ailleurs, j’ai bien aimé le jeu de M. GUTIERREZ tout au long de l’album. Les claviers semblent en ébullition durant ces huit premières minutes. Tout à coup, on s’aperçoit que nos chaussures se sont transformées en bottes d’un habit spatial. Le reste de la pièce nous fait évoluer dans un lieu étrange, croisement entre les confins de l’espace et une transe de méditation électronique, où la voix de Suzuki agit comme un ancrage. Tout se termine de façon abrupte comme si quelqu’un avait tiré la prise ou soulever l’aiguille du vinyle. La deuxième pièce débute avec la voix trafiquée et en background, une basse menaçante et des sons électroniques. Sur «Venushügel», c’est la basse qui est le point de repère et qui marque le coup. L’arrivée progressive de la batterie pave la voie à cette longue pièce qui sera plus incantatoire que spatiale mais fidèle à l’esprit du style. Ici et là, par son côté rauque, la voix de SUZUKI m’a rappelé un peu celle de TOM WAITS. À la seizième minute, la guitare franchit allègrement les frontières d’un son plus rock affirmé, le rythme est puissant et le tout est assez psychédélique. Alors que le compteur marque 20 minutes, on découvre une oasis de calme où le chanteur chuchote et déclame … j’allais écrire son texte mais … sur fond de sons électroniques. La basse revient comme un appel, un rappel. Comme il se doit, la pièce se termine avec une dernière improvisation de ce maestro des cordes vocales.

Pour les amateurs du genre, pour celles et ceux qui désirent découvrir un lieu musical différent ou relever le défi de la découverte, vous avez ce qu’il vous faut avec cet album. L’exploration est possible sous trois formats et est peu dispendieuse si vous choisissez la solution digitale. Je vous quitte là-dessus et je retourne à mes pantoufles. Tiens, je vais me faire un petit SPOCK’S BEARD.

 

PISTES / TRACKS

 

1. Wildschweinbraten (27:59)
2. Venushügel (34:51):27

Musiciens / MUSICIANS :

 

Damo Suzuki – Vocals

Felix A. Gutierrez - Bass

Stephan Hendricks - Keyboards

Jens Kuchenthal - Drums

Alexander Schonert - Guitar

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